Onaëlle Mootoosamy

Au féminin - Onaëlle Mootoosamy : une touche-à-tout

By Patrice Esmyot Lundi 12 Février 2018 Sports individuels , Sports de combat , O commentaire 0 views

Elle adore les sports de combat. Onaëlle Mootoosamy, ex-pongiste et vice-championne du monde de karaté, se dévoue désormais à la promotion de l’escrime à Maurice. Elle est la vice-présidente de la Fédération nationale de cette discipline.

Onaëlle Mootoosamy, 27 ans, a eu une riche carrière sportive. Elle a d’abord été pongiste avant de trouver sa voie dans le karaté. Cette originaire de Quartier-Militaire était parmi les meilleures joueuses et espoirs du tennis de table mauricien. Elle a décroché le titre de vice-championne de Maurice en junior, s’est classée troisième aux championnats nationaux seniors, a obtenu une médaille de bronze aux Jeux de l’ACNOA Jr et a fait partie de la sélection nationale jusqu’en 2004.

Elle rêvait toujours de devenir karatéka. Elle fit ses débuts à l’âge de 16 ans. « Le gymnase où je m’entraînais pour le tennis de table était vis-à-vis de celui où se tenaient les séances de karaté à Beau-Bassin. Je me suis inscrite et j’ai commencé mon apprentissage sous la tutelle du shihan Noor Dulloo, qui est toujours mon entraîneur », dit-elle.

Ceinture noire à 19 ans

Une année après, la jeune fille prend vite goût au Gōjū-ryū, qui est une forme de karaté et délaisse le tennis de table une année après. Onaëlle Mootoosamy connaît une ascension fulgurante et décroche sa ceinture noire en 2009, à l’âge de 19 ans. C’est durant cette même année qu’elle a remporté la médaille d’argent aux Championnats du monde en kata individuel lors de la 5e édition du Gojukai karaté-Do, qui se sont déroulés en Afrique du Sud. Elle est revenue à la charge en remportant le bronze lors de la 6e édition de ces championnats en 2013 en Inde, à l’âge de 23 ans.

Deux ans plus tard, Onaëlle Mootoosamy décide d’arrêter les entraînements pour se consacrer aux compétitions. « Je n’ai pas participé aux championnats du monde de 2017, qui se sont déroulés au Canada. La Fédération de karaté n’a pas beaucoup de moyens et aucun Mauricien n’a fait le déplacement l’an dernier. De plus, il y a aussi mon travail auquel je devais consacrer davantage de temps. Cela ne cadrait pas avec les exigences du haut niveau en sport, qui requiert beaucoup d’heures d’entraînement tous les jours », explique-t-elle.

La jeune femme a terminé ses études secondaires au collège de Lorette de Quatre-Bornes. Elle complète ensuite un BTS en management des unités commerciales et une Licence en Gestion des Entreprises au Mauritius Chamber of Commerce and Industry Business School et travaille en tant que Purchasing Officer à Somags Ltd, une filiale du groupe français Casino, représenté par Jumbo et Spar à Maurice. Elle rejoint ensuite la compagnie Elytis Ltd, filiale du groupe Leal en 2013. Elle est actuellement Export Sales Executive de Distri PC Ltd.

La jeune femme a une nouvelle fois changé de cap au niveau sportif quand elle découvre l’escrime. Connaissant très bien Aarti Gulrajani-Desscann, ex-pongiste et actuelle présidente de la Fédération mauricienne d'Escrime (FME), Onaëlle Mootoosamy se laisse tenter par une nouvelle aventure. « On m’a proposée de rejoindre la FME. Je connais bien Aarti Gulrajani-Desscann et l’escrime est un sport de combat. La Fédération de karaté possède déjà des personnes dévouées au sein de son comité directeur. J’ai donc accepté de rejoindre la Fédération d’escrime et je suis désormais la vice-présidente », dit-elle.

Son engagement dans le sport est pour elle une manière de redonner ce qu’elle a reçu durant tant d’années. « J’ai appris à connaître l’escrime. Je veux promouvoir ce sport et aider les jeunes à rester dans le monde sportif », conclut-elle.

Mission détection en 2018

Onaëlle Mootoosamy avoue qu’elle a délaissé l’escrime en 2017. « J’avais dit à Aarti Gulrajani-Desscann que je prendrais du recul, car je préparais mon mariage », dit-elle. Elle a épousé Jean-Paul Jean-Louis, également médaillé de bronze aux Championnats du monde karatedo Gojukai en 2013 et en octobre 2017. « On lancera une vaste campagne de détection en 2018. On ira dans les écoles et collèges pour faire connaître l’escrime et dénicher de jeunes talents. Nous avons déjà une locomotive avec Satya Gunputh, qui a bénéficié de la bourse olympique et qui tentera de se qualifier pour les jeux Olympiques de 2020 à Tokyo. Il nous faut désormais nous assurer d’avoir une relève », indique-t-elle.

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