Selon le Président du Mauritius Turf Club, Jeenarain Soobagrah, le Club compte importer des chevaux pour être redistribués aux écuries, comme c’était le cas dans les années 70/80. Le but est d’aider l’industrie. Cette mesure est-elle viable? Qu’en pensent les entraîneurs?
«C’est une idée qui a germé et qui a été discutée au niveau du ‘board’. Mais on n’a pas encore mis en place un mécanisme allant dans ce sens. Le but derrière l’importation des chevaux est d’aider l’industrie, les écuries et faire baisser les coûts du fret. Des fois, un contingent arrive avec seulement 10 chevaux,alors que les coûts de fret sont les mêmes pour 16 chevaux. Mais attention, ce n’est encore qu’un projet et rien de concret n’a été décidé», explique Jeenarain Soobagrah, président du MTC. De 151 chevaux en 2014, l’importation est passée à 42 en 2015.
«Si un cheval moyen, sur l’échelle de valeur, coûte Rs 1M, il faut compter entre Rs 200 000 à Rs 300 000, pour les frais de voyage, transit, transfert et quarantaine», nous dit une source du MTC. Dans les années 60/70 et mi-80, le MTC se permettait le luxe d’importer entre 20 à 35 chevaux par an, qu’il distribuait, aux sorts, aux écuries. à cette époque, l’oligarchie sucrière, puissante, soutenait indirectement le MTC. Mais avec l’ouverture et une politique de démocratisation, d’une simple partie de plaisir, les courses sont devenues une industrie, ouvertes aux propriétaires de diverses couches sociales.
Toutefois les avis sont partagés parmi les entraîneurs. Ricky Maingard a des réserves: «Ce sera un pas en arrière. D’abord comment le MTC va trouver l’argent, soit Rs 36M, afin que chaque écurie puisse avoir ne serait-ce que trois coursiers? Ce qu’il faut faire, c’est de rétablir les Rs 800M, qui sont hors circuit, la faute aux paris clandestins, et de les remettre comme ‘stakesmoney’. Mais là aussi, il faut une volonté politique au niveau de l’état », explique t-il. Pour Soon Gujadhur, « ce sera difficile dans le contexte actuel de revenir à l‘ancienne formule. C’est du ‘wishful thinking’, de bonne foi certes, mais pas viable».
Cependant Shailesh Ramdin est optimiste quant à une politique de l’importation des chevaux par le MTC. «Ce sera très encourageant, car une telle politique aidera les petites et moyennes écuries. Avec ce que réclame la ‘Mauritius Revenue Authority’ , les propriétaires ont peur et cela décourage l’investissement. Une aide du MTC est le bienvenue et donnera un coup de pouce à l’industrie». Il nous revient que la question serait repris à nouveau lors d’une prochaine réunion des Administrateurs.
