Jeenarain Soobagrah : « Les courses sont plus propres… »

By Naushad Korimdun Vendredi 24 Juillet 2015 Défi Turf O commentaire 0 views
Le président du Mauritius Turf Club (MTC) est persuadé que son équipe et lui ont pris la bonne direction pour redresser la situation dans laquelle se trouve l’industrie hippique. Il cite, pour exemples, l’assistance en hausse et les résultats qui sont plus conformes à la logique. Ce qui lui fait dire que « les courses sont plus propres ». Entretien… À bientôt mi-saison, quel est l’état de santé financier du Mauritius Turf Club (MTC) ? Entrons dans le vif du sujet. Le MTC pourrait terminer l’année financière avec un déficit budgétaire minimal de Rs 25 M. En début d’année, on avait voté un budget de Rs 328 M pour 2015. En pensant qu’on allait avoir 40 journées, avec des week-ends de courses  et des journées à neuf courses occasionnellement. De plus, on pensait pouvoir compter sur 45 bookmakers opérationnels, les compagnies Bet On Line, Booksystem et la publicité. On aurait alors pu ‘break even’. Mais au final, 35 journées à huit courses seulement ont été approuvées par les autorités, alors qu’il n’y a aucune réunion hippique les week-ends. De plus, nous comptons seulement 40 bookmakers qui opèrent, nous sommes privés de la publicité de par les mesures budgé-taires, alors que Bet On Line et Booksystem ont fermé boutique. Finalement, on a dû revoir notre budget, avec des revenus estimés à  Rs 272 M, soit Rs 56 M de moins. C’est alors qu’on a décidé de réduire les dépenses là où c’est possible. Malheureusement, on a dû remercier 70 ‘casual workers’ et 60 autres personnes du staff, des palefreniers, entre autres. De même, nous avons serré la ceinture au niveau des dépenses au quotidien. Sentez-vous quand même que le public porte plus d’intérêt aux courses hippiques ?  Il va de soi que le public a de nouveau confiance dans les courses. Car il y a, au niveau des résultats des courses une logique par rapport à la forme et aux chances des chevaux. De nombreux gens me disent que « les courses sont plus correctes maintenant ». Je ne me tape pas l’estomac, mais cela fait plaisir. Est-ce suffisant ? La pérennité des courses est-elle assurée pour autant ?  C’est déjà un bon commencement. Il y a une bonne collaboration à tous les niveaux au sein du Club. On travaille à l’unisson, en toute quiétude et avec efficacité. La pérennité des courses dépend dans une large mesure de la collaboration de l’État. Je crois que les choses se sont améliorées graduelle-ment. Par exemple, on a vu une augmentation au niveau de l’assistance depuis les sept dernières journées. Rien que lors de la 16e journée, il y a eu presque 6000 personnes dans les loges. Mais on va poursuivre nos efforts, afin de créer une ambiance familiale et festive lors de chaque journée. Qu’est-ce qui a changé depuis la publication du rapport de la commission d’enquête sur les courses ? D’abord, ce rapport fait beaucoup d’allégations. On conteste même deux des recommandations de ce rapport en Cour. Ensuite, la perception du public a changé pour le mieux, car dans l’ensemble il y a des courses plus propres, des résultats logiques. Finalement, il y a l’État. Je suis triste de le dire, mais l’État empoche Rs 600 M des courses, sans prendre aucun risque. Avant même la publication du rapport Parry, il y a eu plusieurs « affaires » qui ont écorché l’image des courses. Comme l’opération de la Mauritius Revenue Authority (MRA) auprès des écuries et des propriétaires… Cette action a fait fuir les propriétaires. À ce jour, on se retrouve avec seulement 42 chevaux importés cette saison. Il y a 18 coursiers qui sont attendus en août. On aura donc 60 chevaux pour une saison, alors qu’en 2014 il y avait 140 ! Les réclamations de la MRA ont découragé les propriétaires à importer des chevaux. Il faut savoir que les propriétaires ne récupèrent pas toujours leurs investissements. Il faudrait que les autorités comprennent comment fonctionne l’industrie. Au MTC, on est ouvert à toute discussion, afin de faire avancer le loisir numéro un des Mauriciens. Vous avez lancé l’idée de l’importation de chevaux par le MTC, pour ensuite les revendre aux mieux offrants, comme cela se faisait dans le passé. Où en est-on avec ce projet ? Pour le prochain contingent attendu, les écuries ont procédé à l’acquisition de 11 chevaux. Un contingent comprend 18 chevaux, avec le même coût pour le freight. Donc, le MTC a considéré la possibilité d’acheter 7 coursiers pour les revendre aux propriétaires. C’est une ‘win-win situation’ ; notre façon à nous d’aider. Venons-en à ce qui se passe sur la piste. Êtes-vous satisfait du travail des commissaires de courses ? Oui, très satisfait même. Et je crois que c’est le cas pour le public aussi. C’est un job délicat, ingrat des fois et pas facile du tout. Quand je suis devenu président, j’ai invité Alain Rousset, un ancien ‘chief stipe’, à se joindre à l’équipe des commissaires de courses. Ce que les gens doivent savoir, c’est que le ‘board’ des commissaires est composé de cinq personnes indépendantes et que les décisions sont prises à la majorité. Soit. Mais vous passez sous silence les nombreuses bourdes commises : les appels perdus, dont un pour une question de ‘perception of bias’ et la proximité du Chief Stipe avec des entraîneurs, l’inversion des résultats pour Colour Of Courage et Lucky Valentine, le remboursement des paris sans l’aval préalable de la GRA, Eastward Bound qui s’est retrouvé sur le programme dans une course où il n’était pas éligible… Avouez que cela fait beaucoup… Il faut faire la part des choses et mettre chaque cas dans son contexte. Les appels perdus montrent la bonne santé de notre démocratie intérieure et aussi la confiance des plaignants dans le board d’appel. Quant aux résultats inversés, il y a eu une erreur dans la transmission, mais on a aussitôt pris les mesures nécessaires afin que le public ne se sente pas lésés dans ses  droits. Concernant cette affaire de ‘perception of bias’, tout le monde connaît tout le monde à Maurice. Comment pouvez-vous empêcher deux personnes de se parler ? Dans l’affaire Eastward Bound, la faute initiale revient à l’entraîneur. Est-ce normal qu’aucune sanction ne soit prise contre les membres de votre personnel qui fautent si souvent ? Sont-ils au-dessus de la loi ? Sachez que nous prenons des mesures. Il y a des rappels à l’ordre et des sanctions là où c’est nécessaire. Mais on ne peut pas crucifier une personne comme ça. Tenez, Ravi Rawa a assisté à plus de 1000 départs et a lui-même donné quelque 500 départs. Il a fait une erreur, heureusement sans conséquence. Il a droit à une autre chance. Le problème à Maurice, quand il s’agit d’attaquer le MTC, certains n’hésitent pas à « make a mountain out of a molehill », mais très peu d’entre eux tentent d’aider l’industrie hippique.

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