À 76 ans, Benoît Espitalier-Noël Sr vit sa passion pour les courses à fond. Assistant-entraîneur chez l’écurie Maingard, cet homme de cheval a remporté la Maiden Cup en deux occasions : High Hearted (1978) et Holdall (1980). Ce vieux briscard nous parle de la course hippique la plus prestigieuse de l’île.
[dropcap]B[/dropcap]enoît Noël, comme il est plus connu, ne passe pas par quatre chemins : « Il y a une recette pour remporter le Maiden. » Pour l’entraîneur de chevaux, la recette est simple. « Il faut avoir sous la main un bon stayer. Là, le pedigree y est pour beaucoup, car un coureur de fond l’a dans le sang et dans les gênes. » S’ensuit alors une préparation adéquate scientifique pour la grande course, qui se dispute sur la distance mythique du 2400 m. Un secret de polichinelle. « Il faut graduellement monter en distance jusqu'à la course préparatoire pour le Maiden, soit le Golden Trophy sur 2200 m. Si un cheval ne s’aligne pas dans cette pénultième épreuve, comme c’est le cas pour Bulsara, qui a 9 ans, son entraîneur doit alors pouvoir s’assurer d’un bon ‘maintenance work’ », fait ressortir celui qui a remporté le Ruban Bleu en deux occasions.
La passion entre Benoît Noël et la race équine remonte à son enfance. « Tout le monde dans la famille était associé aux courses. Que ce soit du côté de ma maman, les Koenig, ou de papa », précise-t-il. « Les vendredis, je prenais le train, avec ma bicyclette dans le compartiment de bagages, pour venir chez mon grand-père, qui habitait à la rue Labourdonnais, en face de l’actuelle station d’essence ‘Shell’. Et les samedis, tous les enfants se rendaient aux courses. »
One Cool Dude 35 ans après Holdall ?
Ce qui devait arriver, arriva. En 1978, l’écurie Benoit Espitalier-Noël voit le jour. « C’est mon neveu, feu Jason, qui montait pour moi. On a gagné deux courses classiques, avec Armed Guard dans la Barbé Cup et High Hearted dans le Maiden. Ne serait-ce l’habilité du jockey Len Hill, de l’écurie Martin, mon écurie et mon jockey auraient été champions », dit-il. Jason Espitalier-Noël allait être malheureusement victime d’un accident d’avion aux larges de l’île d’Ambre, en 1983.
En 1980, l’écurie Noël remporte trois courses classiques et le titre de championne, alors que son cheval, Holdall, vainqueur du Maiden, est sacré Cheval de l’année. À une victoire près, Johnny Wilson, son jockey, aurait été lauréat !
35 ans après, Benoît Noël a l’occasion de renouer avec le succès dans la grande course. Cette fois en tant qu’assistant-entraîneur de Ricky Maingard. Leur représentant, One Cool Dude, qui sera piloté par le jockey mauricien Rye Joorawon, fait figure d’outsider. « Il sera dans le quartet. Bulsara a la classe, Skippyjon Jones est un ‘authentic stayer’, alors que Diamond Light sera imbattable s’il répète sa course du 8 août dernier. One Cool Dude est un bon outsider », analyse-t-il.
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Profil : Un sportif dans l’âme
Cycliste durant son enfance, footballeur dans sa jeunesse, avant de se convertir au tennis, Benoît Espitalier-Noël Sr a également été joueur de squash, avant de devenir entraîneur de chevaux.
Nom : Benoît Espitalier-Noël Sr
Parents : Hector Espitalier-Noël et Aline Koënig
Date de naissance : 22 août 1939
Marié à : Christiane Cheveau
Enfants : 2 – Benoît Jr et Odile (Il a six petits-enfants et 2 arrière-petits-enfants)
Profession : Ancien responsable des ventes chez Mobile Oil, devenu Esso par la suite.
Carrière aux courses : Membre chez l’écurie Paul Clarenc, propriétaire chez l’écurie Sauzier, nominator de l’écurie Espitalier-Noël (1978-1982). Depuis 2010, il agit comme assistant-entraîneur au sein de plusieurs écuries.
Les honneurs
Écurie : hampionne en 1980
Barbé Cup en 1978 (Armed Guard) et 1980 (Day To Remember)
Maiden Cup en 1978 (High Hearted) et 1980 (Holdall)
Coupe d’Or en 1980 (Holdall)
Sports pratiqués jadis : Football (Dodo Club et sélection de Maurice), squash, tennis et équitation
Chevaux fétiches : High Hearted, Armed Guard, Holdall, Day To Remember et Potential
Jockeys préférés : Len Hill, Peter Cuddihy et Jeffrey Lloyd [/box]