Entraîneur de l’équipe nationale des moins de 15 ans de badminton et également joueur de l’équipe nationale, Sahir Edoo ne tarit pas d’éloges sur ses protégés, qui ont ramené deux médailles d’or des Championnats d’Afrique. Il plaide pour que tous les moyens soient mis à leur disposition pour qu’ils ne disparaissent pas du circuit, comme de nombreux talents auparavant.
Êtes-vous satisfait de la performance des moins de 15 ans aux Championnats d’Afrique qui se sont disputés récemment ?
Je suis plus que satisfait. Nous avons récolté six médailles, dont deux or, trois argent et une de bronze. C’est une excellente performance. Le badminton mauricien a décroché une médaille d’or dans le tournoi par équipes après 15 ans. La dernière fois où nous avons brillé dans cette catégorie remonte en l’an 2000. Les jeunes pousses ont montré ce qu’elles ont dans le ventre. Elles ont été téméraires et n’ont pas tremblé face à la rude concurrence. Pour moi, ces jeunes ont été à la hauteur et ont fait ce qu’on attendait d’eux.
Donc, ces résultats ne sont pas le fruit du hasard ?
Certainement pas. Nous avons démarré la préparation une année avant les Championnats d’Afrique. Les joueurs ont eu cinq à six séances d’entraînement par semaine. Les efforts et les sacrifices consentis ont payé. Les résultats ne tombent pas du ciel. Ces jeunes ont franchi une étape, il faudra maintenant les encadrer pour qu’ils puissent encore progresser.
Dans le passé nous avons eu des jeunes potentiels qui ont par la suite disparu du circuit. Que faites-vous pour empêcher que ce soit une nouvelle fois le cas ?
Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela. Certains arrêtent le sport pour se consacrer aux études ou à autre chose. Donc, nous devons faire de notre mieux pour empêcher que cela arrive. Nous ne devons pas répéter les erreurs du passé. À cette jeune génération en or, nous devons lui offrir un encadrement adéquat et mettre les moyens à sa disposition pour qu’elle puisse se surpasser et atteindre d’autres objectifs.
Nous sommes également trop dépendants du ministère de la Jeunesse et des Sports. Nous devons nous engager dans des partenariats avec le secteur privé. Car nous avons besoin de financement pour investir dans les sportifs. Cependant, pour que le privé injecte son argent dans les projets sportifs, il faudra que les Fédérations se montrent plus sérieuses et fonctionnent de manière professionnelle.
Pour les dirigeants de l’Association mauricienne de badminton (AMB), le progrès du badminton dépend grandement de l’expertise étrangère. Qu’en pensez vous?
Il faut se rendre à l’évidence que le badminton africain a une quinzaine d’années de retard sur l’Asie et l’Europe. Pour rattraper ce retard, nous avons définitivement besoin de l’expertise étrangère pour combler ce fossé. Les techniciens étrangers comme Venu Gopal et Mike Adams ont grandement contribué au développement du badminton local. Maurice possède des joueurs qui ont les moyens de briller au plus haut niveau, mais il faut les encadrer et leur permettre d’évoluer dans des structures professionnelles. Il est important que nos locaux puissent participer régulièrement à des camps d’entraînement à l’étranger et participer à des tournois de haut niveau. C’est à travers ce genre de frottements qu’ils pourront hausser leur niveau.
Le badminton mauricien est l’une des disciplines qui ont compté le plus de Directeurs techniques nationaux (DTN) étrangers ces dernières années. Ils n’ont été là que pour quelques mois… C’est quoi le problème au juste ?
Cette question, il faudra la poser à la Fédération. Je peux vous dire, par contre, que c’est dommage que le Malaisien Raymond Stevon n’ait pas accepté le poste de DTN. C’est un excellent technicien et aussi un bon sparring-partner. Il aurait définitivement apporté sa pierre à l’édifice dans le cadre de la préparation de nos locaux en vue des 9es Jeux des îles de l’océan Indien. J’espère que nous trouverons un autre technicien étranger de calibre pour nous aider.
Et comme vous parlez des JIOI, que peut-on s’attendre du badminton local en août prochain à La Réunion ?
Nous allons faire mieux qu’en 2011 aux Seychelles, où nous avons ramené trois médailles d’or. Certains joueurs se préparent à l’étranger et les autres poursuivent leur préparation à Maurice. Nous avons une équipe rajeunie, nous sommes très optimistes.