La première année de Yogida Sawmynaden comme ministre de la Jeunesse et des Sports aura été presque parfaite. S’il s’enorgueillit des records de médailles d’or aux Jeux des îles de l’océan Indien et aux Jeux d’Afrique, l’échec des sports collectifs l’a laissé sur sa faim.
Le rideau tombera sur l’année 2015 dans quelques jours. Comment la qualifierez-vous ?
Je dirai bonne. Nous avons battu le record en terme de médailles d’or lors des deux événements phares du calendrier, notamment les Jeux des îles de l’océan Indien et les Jeux d’Afrique. Maurice a décroché 66 médailles d’or pour la première fois de l’histoire des Jeux indianocéaniques, alors que je m’attendais à environ 50 à 55. Nous avons terminé à la deuxième place derrière le pays hôte,La Réunion, qui a surtout fait la différence en natation. La moisson de médailles a été également meilleure aux Jeux d’Afrique, avec cinq or, ce qui est un record.Autant de raisons d’être un ministre de la Jeunesse et des Sports satisfait, même si je suis déçu par les disciplines collectives.
Pour être honnête, vous attendiez-vous à autre chose concernant les disciplines collectives ?
Le ministère a mis tous les moyens possibles à la disposition de toutes les disciplines concernées par les Jeux des îles afin d’obtenir des bons résultats. Nous avons fait venir des techniciens étrangers dans le cadre de la préparation finale. Malheureusement, certaines personnes ont mis les bâtons dans les roues des entraîneurs étrangers. C’est inacceptable que quelqu’un comme le Français Charles Tassin n’ait pas été sur le banc des entraîneurs pour les rencontres de l’équipe de Maurice lors des Jeux des îles. Tout est à refaire au niveau des disciplines collectives. Il faut revoir la base. Nous sommes en train de travailler sur ce dossier.
Restons sur les Jeux des îles. Est-ce que la médaille de bronze du Club M vous satisfait, alors que des millions de roupies sont investies dans le football annuellement ?
J’aurais été l’homme le plus heureux du monde si le football avait ramené la médaille d’or. Nous devons tout de même nous consoler que le Club M ait été sur le podium. La décision de limoger les entraîneurs Akbar Patel et Désiré L’Enclume en pleine compétition a déstabilisé l’équipe. Je condamne le manque de tact de certains dirigeants.
Cela fait plus d’un an depuis qu’on entend parler de la création d’une académie de football. Où en est-on ?
Nous allons tenir notre promesse concernant l’académie de football. Les discussions sont en cours avec plusieurs grands clubs européens. Nous avons tout dernièrement relancé le Centre de formation François Blaquart et nous ferons de l’académie de football bientôt une réalité.
Votre déclaration au sujet des disciplines olympiques qui sont plus importantes que celles non-olympiques a fait polémique. Regrettez-vous ces propos ?
Je n’invente pas la roue. Il faut faire la différence entre les disciplines olympiques et non-olympique. C’est clair dans les lois olympiques et on en fait mention dans la Sports Act. Nous ne commettons aucune injustice à l’encontre des disciplines non-olympiques.
Comment expliquez-vous alors le refus du ministère de financer le déplacement de Sharone Clair et Sandrine Berry pour des finales des Mondiaux de boxe française en France au début du mois ?
En dépit du budget alloué à la Fédération, nous leur avons fait un « top up » pour un déplacement en France en janvier. Les Fédérations ne doivent pas uniquement compter sur le ministère, qui a un budget assez limité. Elles doivent aussi faire des efforts et trouver des sponsors pour financer leurs différents projets.
La mauvaise gestion des infrastructures a été une nouvelle fois pointée du doigt par le rapport de l’Audit. Comment comptez-vous régler ce problème ?
Il y a un manque d’effectif pour l’entretien des infrastructures et nous devons définitivement recruter. Il y a beaucoup de gens qui se plaignent d’avoir à payer pour l’utilisation de ces infrastructures. Nous ne pouvons pas continuer d’utiliser ces infrastructures sans les entretenir.
Dès votre installation comme ministre de la Jeunesse et des Sports il y a un an, vous avez annoncé des amendements à la Sports Act. Jusqu’ici c’est « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »…
Cela a pris un peu de temps du fait que nous avons à implémenter une loi dans le contexte sportif local. Nous allons présenter les amendements qui seront apportés à la Sports Act à la rentrée parlementaire. C’est sur le point d’être finalisé. Le State Law Office nous a retourné le dossier pour y a quelques modifications à faire. Nous allons ensuite rencontrer les dirigeants du Comité olympique mauricien (COM) pour passer les amendements en revue.
Avec l’attribution de l’organisation des 10es Jeux des îles à Maurice, en 2019, les pressions diplomatiques s’accentuent pour la retourner aux Comores. Le gouvernement cèdera -t-il ?
Ce n’est pas Maurice qui a pris cette décision, mais le Conseil International des Jeux (CIJ). Nous allons attendre la prochaine réunion du CIJ qui aura lieu à Maurice début 2016 pour connaître les développements.
Quelles sont vos priorités pour 2016 ?
Ce sera l’année des Jeux Olympiques et j’espère que Maurice aura un maximum de qualifiés à ce rendez-vous. Nous projetons également de relancer les Jeux inter-collèges selon l’ancien système l’année prochaine. Il y a, bien sûr, d’autres projets, comme la création d’un centre d’entraînement africain à Maurice, où les jeunes du continent pourront venir également étudier. Nous sommes en négociation avec les Fédérations sportives internationales.