L’homme derrière la professionnalisation du football à Maurice a annoncé le retrait de la Mauritius Professional Football League (MPFL) mercredi. Georges Chung est furieux envers les dirigeants de la Mauritius Football Association (MFA) et les clubs parce qu’ils ne jouent pas le jeu. Mais il ne ferme définitivement pas la porte sur un retour.
Vous abandonnez le navire un an seulement après avoir lancé le championnat de football professionnel. Pourquoi ?
Je suis très déçu par les clubs et la Mauritius Football Association (MFA). Cela a été une décision difficile à prendre, surtout que la professionnalisation du football local me tient à cœur. Mais je ne peux continuer dans de telles conditions. On se joue de moi, alors que j’ai investi dans un projet, qui ne me rapporte rien en retour. J’ai pris le risque d’investir dans ce projet malgré la mise en garde de certaines personnes qui me disaient que je suis tombé sur la tête en investissant dans le football. Je l’ai fait pour aider notre sport-roi qui sombre dans le néant.
Qu’est-ce qui provoque cette colère qui vous fait claquer la porte ?
Il y a de quoi être furieux. Cela fait plusieurs mois que j’ai demandé aux 10 clubs de la Premier League de me soumettre leur plan d’action pour la mise en place d’une structure de formation, incluant les écoles de foot, le développement et la promotion de la discipline dans les différentes régions et la mise sur pied d’un fan club dans le contexte de la professionnalisation. Mais on m’a envoyé balader. Le lendemain de l’annonce du retrait de la MPFL, un club m’a soumis son plan d’action, qui ne contient même pas 10 lignes. C’est inacceptable ! Il n’y a aucun effort des clubs, ni de la MFA, alors que je me démène comme un beau diable pour trouver le financement nécessaire pour payer les joueurs évoluant dans le championnat professionnel. Je ne peux m’impliquer à 100 % dans un projet, alors que les principaux concernés se lavent les mains. Je peux donc déduire qu’on n’en veut qu’à mon argent.
Reviendrez-vous à de meilleurs sentiments si vous avez la garantie que les clubs et la MFA joueront le jeu ?
Ce sont eux qui m’ont poussé à prendre cette décision. J’ai personnellement investi environ Rs 40 millions. Il y a aussi les sponsors et le ministère de la Jeunesse et des sports qui apportent leur aide financière à ce projet. C’est un manque de respect envers ces bailleurs de fonds. Je suis prêt à retourner à une seule condition : que les clubs et la MFA me donnent la garantie qu’ils s’impliqueront à fond dans le projet. J’ai une vision pour le football mauricien. D’ici quatre ans, on devrait pouvoir rivaliser avec les grandes équipes africaines. À ce que je vois, même dans 40 ans, ce sera impossible si on ne fait rien.
C’est un secret de polichinelle que vous n’avez pas digéré le limogeage de Didier Six et que les relations entre les dirigeants de la MFA et vous ont détérioré depuis.
Cela a été une erreur de limoger Didier Six en pleine préparation pour les Jeux des îles de l’océan Indien. C’est le football mauricien qui en a fait les frais à La Réunion. Didier Six n’a pas fauté, il a réagi en fonction des circonstances. Ce n’est pas quelqu’un qui se laisse marcher dessus. En 2011, on m’avait fait confiance en me donnant l’occasion de m’occuper de l’aspect de la préparation pour les JIOI. En retour, il y a eu les résultats : Maurice était en finale et nous avons perdu aux tirs au but. En sept mois de préparation, le Club M était monté sur la deuxième marche du podium.
Y a-t-il quand même des points positifs après une première saison du championnat professionnel ?
Il y a eu du progrès, mais nous devons redoubler d’efforts lors des prochaines saisons pour progresser davantage et hausser le niveau. Il y a beaucoup de travail à faire dans ce sens. Nous n’avons ramené qu’une médaille de bronze dans l’océan Indien. C’est la preuve que nous avons beaucoup de travail. Nous pouvons réaliser de grandes choses, à condition que tous les principaux protagonistes jouent le jeu. Un seul homme ne parviendra pas à le faire.